Nice (Alpes-Maritimes), reportage
Le ara ararauna agrippe ses serres au bord de la gamelle, juste de l’autre côté de la vitre de la volière du parc Phoenix de Nice. On observe les graines rouler dans son bec, on admire son plumage bleu et jaune impeccable. Le perroquet peut voler d’un bout à l’autre de la volière, entouré de ses congénères. Une deuxième vie, mais toujours en captivité. Avant d’atterrir dans l’écorefuge, cet ara vivait seul dans une cage posée dans la cuisine d’un appartement, avec un mélange de graines et de fiente au sol. L’oiseau a été confié par la justice. Tous les animaux du parc Phoenix sont issus d’une saisie, d’une confiscation ou d’un abandon.
Pour faciliter le parcours de cette faune sauvage exotique, la coordination de leur placement et de leur suivi sera confiée à l’Association française des parcs zoologiques (AFdPZ), annonce sa directrice à Reporterre, qui a eu la primeur de la nouvelle. Une centralisation inédite qui permettra une structuration, mais qui ne réglera pas le manque de places et de moyens.
Trouver un refuge peut ressembler au parcours du combattant. Il n’existe pas de structure publique dédiée pour la faune sauvage exotique saisie. Leur accueil dépend de la capacité des parcs zoologiques. Pour l’instant, les autorités à l’origine de la saisie (la douane, l’Office français de la biodiversité, la préfecture ou les pompiers) contactent les parcs et les refuges à la recherche d’une place. « On nous demande si on a la capacité d’accueillir, retrace Anthony Caucheteux, chef du pôle zoologique du parc Phoenix, géré et financé par la ville de Nice. Si on accepte, l’animal arrive dans une cage. Il observe une période de quarantaine et un vétérinaire l’inspecte. »
Des solutions « au cas par cas »
C’est la justice qui acte le placement définitif. « L’accueil des animaux issus de saisies représente un enjeu complexe en…
Auteur: Mathilde Frénois

