Quand Lionel Jospin arrive à la tête du gouvernement dans une cohabitation inversée par rapport à celles de 1986 et 1993, le magazine Time assure, en juin 1997 : « Paradoxalement, les socialistes sont mieux placés pour conduire les réformes néolibérales que la droite », suggérant que les résistances pourront être sous sa tutelle mieux désamorcées. Le consensus se fait autour de ce que l’historien Michel Winock a nommé « un habillage social de l’économie de marché » : « La politique économique et financière des socialistes ressemble de plus en plus à une politique de droite par vent de tempête. »
L’homme qui conduit la nouvelle majorité a un passé politique compliqué, qui va l’embarrasser. « Je n’ai jamais été trotskiste », a-t-il beau proclamer, en réalité les révélations sur ses années passées dans l’Organisation communiste internationaliste dite « lambertiste » sont accréditées. Ce mensonge n’entame pas pour autant l’image vertueuse de L. Jospin, qui passe sur ce point pour l’anti-Mitterrand : loin du machiavélisme, aux antipodes de tout lyrisme, il semble imprégné de rigorisme. Il entend « gouverner autrement », accroché à une moralisation de la vie publique qui fonde sa réputation d’intégrité.
En même temps, privilégier le « pacte républicain » comme il le fait ne tient pas de l’originalité : c’est dans les mêmes termes qu’Alain Juppé s’était exprimé, deux ans auparavant. S’il revendique un « droit d’inventaire » sur l’héritage laissé par F. Mitterrand, L. Jospin s’apprête à mener une politique qui en est par bien des aspects le prolongement. Son projet s’inscrit dans un libéralisme social qui, sans être pleinement assumé, revendique « l’économie de marché », même si ce n’est pas, dit-il officiellement, et une « société de marché ». »
Son gouvernement est à l’image de la « gauche…
Auteur: ugopalheta

