Lip : 50 ans après la lutte, se souvenir des possibles

29 septembre 1973. 100 000 personnes manifestent dans les rues de Besançon sous une pluie battante pour soutenir la lutte exemplaire menée par les travailleurs à l’usine horlogère Lip.

« C’est possible : on fabrique, on vend, on se paye. » Ces mots résonnent aujourd’hui comme les miettes d’une madeleine de Proust de la lutte ouvrière post 68’. Nostalgie d’un mythe pour certains, souvenir d’une utopie inachevée pour d’autres, l’image de la banderole accrochée à la façade de l’usine occupée doit être cultivée comme le souvenir d’une brèche taillée dans l’ordre des possibles.

Pendant une courte période, marquée par des allers-retours dans la lutte, l’usine Lip de Besançon a été le lieu d’une expérimentation politique créatrice dans laquelle les travailleurs ont suspendu les liens de subordination habituels et révisé les normes capitalistes à l’œuvre sur leur lieu de travail pour imaginer l’autogestion, la démocratie ouvrière, l’information des travailleurs et la justice salariale.


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En 1973, alors que Lip est une entreprise importante dans l’industrie horlogère française, la concurrence américaine et japonaise dérègle l’équilibre économique du secteur. Le 17 avril, après la démission du directeur général, Jacques Saint-Esprit, l’actionnaire majoritaire appelle au démantèlement et au licenciement des 1 200 personnes employées par l’entreprise.

Regarder ce conflit ouvrier comme le souvenir d’une possibilité alternative, d’un possible critique qui nous permet de repenser le travail.

En réaction, le comité d’action héritée de mai 1968 entame une grève qui se change en…

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Auteur: Lino Castex

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