Mauvaise nouvelle pour le Moyen-Orient : une parenthèse inédite de dix ans s’est refermée dimanche 28 septembre à l’ONU. En 2015, un très lourd dispositif de sanctions contre l’Iran avait été suspendu, grâce à un accord qui permit d’enclencher un dispositif de surveillance et de contrôle du programme nucléaire de ce pays. Mais au final, la défiance a prévalu et les sanctions ont été réimposées. L’Iran reste suspecté de développer des activités secrètes avec l’objectif de se doter de l’arme atomique. L’accord avait déjà été fragilisé par le retrait des États-Unis de Donald Trump dès 2018. La guerre éclair israélo-américaine de juin dernier a achevé de le saborder.
Téhéran, au fil des ans, n’a rien fait pour rassurer les défenseurs d’une solution négociée. La République islamique détiendrait, selon l’ONU, plus de 440 kg d’uranium enrichi à 60 %, un taux très largement supérieur à ceux utiles pour des activités civiles ou de recherche, et proche de ceux nécessaires pour fabriquer une arme. Le régime continue de raisonner en termes de rapport de force. Il considère le nucléaire comme le meilleur moyen de s’affirmer comme une puissance dominante au Moyen-Orient et d’instaurer une logique de dissuasion vis-à-vis de ses ennemis – notamment Israël.
Nouveauté inquiétante par rapport à 2015, l’Iran peut compter sur un soutien important de la Russie qui, comme la Chine, a dénoncé la réintroduction des sanctions par l’ONU. Geste éclairant : Moscou a signé vendredi 26 septembre avec Téhéran un contrat pour la construction de quatre centrales nucléaires, en plus de celle de Buchehr qui fonctionne déjà. Entre ces deux puissances, qu’une hostilité commune à l’Occident rapproche, la coopération s’intensifie. Dans le contexte volatil du Moyen-Orient, cela pourrait favoriser la prolifération nucléaire.
Auteur: Jean-Christophe Ploquin

