Cette nation insulaire a déjà mieux défendu les arguments contre l’adhésion à l’UE que n’importe quel article ne saurait le faire. Lorsque la crise financière a éclaté en 2008, l’Islande a été plus durement touchée que presque tous les pays d’Europe. Quatre-vingt-dix pour cent de son système bancaire s’est effondré. Pourtant, elle s’est redressée plus rapidement et mieux que pratiquement tous les autres. Pourquoi ? Parce qu’elle disposait de quelque chose que les pays de la zone euro avaient abandonné : la souveraineté. L’Islande a pu laisser sa monnaie s’ajuster ; elle a pu laisser ses banques faire faillite plutôt que d’être contrainte par la Banque centrale européenne de les renflouer aux dépens de ses citoyens ; elle a pu imposer des contrôles des capitaux de son propre chef et les lever selon son propre calendrier — ce qu’elle n’a fait pleinement qu’en 2017.
Elle pourrait également demander à sa propre population ce qu’elle souhaite : lors des référendums sur Icesave de 2010 et 2011, les Islandais ont refusé de supporter les dettes privées de banquiers en faillite.
Comparez cela au sort de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de mon propre pays, l’Italie : des pays qui, pris au piège dans la zone euro, ont été soumis à des années d’austérité draconienne, de chômage de masse et de dévastation sociale, imposées par des technocrates non élus à Bruxelles et à Francfort. L’Islande a surmonté la tempête parce que c’était un pays beaucoup plus libre. Telle était la leçon de 2008, et elle reste plus vraie que jamais aujourd’hui.
L’argument central en faveur d’un vote en faveur de l’adhésion à l’Union, avancé par tous les commentateurs europhiles qui expliquent aujourd’hui pourquoi ce résultat est une erreur, repose sur un choix illusoire. L’Islande fait déjà partie de l’Espace économique européen, aux côtés de la Norvège et du Liechtenstein….
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