Avec cette deuxième livraison, nous achevons la traduction par une intelligence humaine de l’article de Wu Ming 1 (voir la première partie. Il donne ici un exemple montrant en quoi l’absence de corps vivant ôte à l’IA la capacité d’écrire de la littérature (mais certes pas de la singer). Rappelons que son texte prenait pour point de départ les réactions ébaudies provoquées en milieu culturel italien par un article du New Yorker qui prétendait qu’une IA aurait produit une phrase dans le style d’une autrice (en l’occurrence coréenne traduite en anglais, mais tout ce qui compte se passe en anglais, surtout en Italie), mais qu’elle l’aurait carrément produite en mieux. Et ceci, selon l’auteur de l’article et des étudiants à des cours d’« écriture créative ». Quand on aura lu le texte de WM, on ne pourra manquer d’en conclure que ces cours-là enseignent à écrire presque aussi bien qu’une Intelligence artificielle.
S.Q.
Sur la phrase qui a impressionné le New Yorker
Dans les notes précédentes j’ai essayé d’éclaircir quelques malentendus spécifiques sur la littérature, l’écriture et le style, à l’origine, selon moi, de nombreuses réactions à l’article du New Yorker, « What If Readers Like A.I. – Generated Fiction ». Malentendus qui, en réalité, sont déjà dans l’article, et dans l’expérience qui y est racontée et sur laquelle on brode. En amont, il y a une grande confusion sur ce qu’est et ce que fait la littérature et même sur ce que veut dire écrire, d’où découle l’absurdité conceptuelle et méthodologique de l’expérience, dont les résultats aggravent la confusion initiale
Allons à l’essentiel. Un chercheur fait « avaler » par un LLM [Large Language Model, programme d’intelligence artificielle capable de reconnaître et de fabriquer du texte, NdT] des extraits d’œuvres de Han Kang. En traduction anglaise, alors que l’autrice pense et écrit…
Auteur: dev

