Livio Maitan (1923-2004) appartenait à un monde perdu, celui des révolutionnaires professionnel·les dont les luttes et les sacrifices ont profondément marqué l’histoire du 20e siècle. L’historien Enzo Traverso rend hommage à l’un des militants-intellectuels les plus créatifs de la gauche italienne.
***
Cette année marque le centenaire de la naissance du marxiste italien Livio Maitan. Livio Maitan, figure remarquable de la gauche radicale, décédé en 2004, est quasiment inconnu de la dernière génération de militant.es politiques. Sa trajectoire intellectuelle et politique s’inscrit dans l’histoire d’une époque à feu et à sang qui s’est achevée dans les années 1990, entre la fin de la guerre froide et les attentats du 11 septembre 2001.
Pendant cinquante ans, entre les années 1940 et les années 1990, Maitan a été l’une des figures de proue de la Quatrième Internationale trotskiste, aux côtés de Pierre Frank (1905 – 1984) et d’Ernest Mandel (1923- 1995). Stratège et organisateur infatigable, il a exercé une grande influence sur de nombreuses décisions cruciales de la Quatrième Internationale, même s’il était moins coloré et flamboyant que certains de ses autres dirigeants, et n’est apparu que brièvement comme personnage dans Redemption (1990), le roman satirique de Tariq Ali sur la Quatrième Internationale.
Dans son pays d’origine, l’Italie, Livio Maitan était une figure publique de la gauche radicale. Une conférence à la Bibliothèque Nationale de Rome a récemment discuté de son héritage, avec la participation de nombreux représentants éminents de la gauche italienne, de Fausto Bertinotti (1940- ) à Luciana Castellina (1929- ).
Cent ans après la naissance de Livio Maitan et presque vingt ans après sa mort, son héritage mérite une réflexion rétrospective. Vu dans ce large horizon, il me paraît très éloigné de notre époque. Il appartient à un monde qui n’existe…
La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

