Livret A : le logement social ne doit pas payer la facture du nucléaire

Les produits d’épargne réglementés sont très largement plébiscités par les français : Livret A, Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), Livret d’épargne populaire (LEP). L’épargne réglementée repose sur un pacte clair. Les ménages placent leur épargne en toute sécurité, et une partie de cet argent géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est utilisée pour financer des projets essentiels à des conditions de vie dignes, notamment à destination des ménages les plus précaires : logements sociaux, renouvellement urbain, rénovation des logements et bâtiments publics, transition écologique.

Ce pacte social est aujourd’hui en grand danger. Le projet actuel du PFL 2027 entérine la volonté d’Emmanuel Macron et de son gouvernement de faire financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 par le Livret A, à hauteur de 60% du coût du programme. La facture totale pourrait largement dépasser les 153 milliards d’euros annoncés à date.

Nous dénonçons cette décision totalement inacceptable et dangereuse. Décidée unilatéralement sans aucun débat public, ce projet de financement bafoue notre démocratie et menace les ménages les plus modestes. Ni les épargnants, ni les collectivités, ni les associations, ni les syndicats n’ont eu leur mot à dire.

Alors que fin 2026, 2,9 millions de ménages attendent un logement social, la construction comme la rénovation des logements sociaux accusent d’importants retards faute de volonté politique.

Mobiliser l’épargne réglementée pour financer les EPR2 reviendrait à capter environ 30 % de la part du Livret A consacrée aux infrastructures essentielles : logements sociaux, hôpitaux, universités… Ce serait inévitablement au détriment des ménages modestes, premiers bénéficiaires de ces investissements.

En l’absence de tout débat démocratique sur le futur mix énergétique de la France et alors que les attaques sur les…

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Auteur: Collectif