L'obésité, angle mort de la lutte anti-Covid

[2/2 — Covid-19 : l’obésité, une maladie environnementale mal traitée] Les personnes grosses sont plus vulnérables aux formes graves de Covid-19. Or, pandémie ou non, les autorités se révèlent incapables de mener une stratégie de santé efficace pour lutter contre l’obésité. Tout comme d’autres maladies chroniques — asthme, diabète, cancers… —, elle est pourtant en pleine croissance. La faute, entre autres, à la dégradation de l’environnement et aux inégalités socio-économiques. Lire le premier volet de cette enquête : Obésité et Covid : les chiffres cachés


Définir les populations à risque de Covid-19 ? Une question délicate, selon le directeur de la santé Jérôme Salomon, interrogé par Public Sénat le 1er février. Les chiffres sont pourtant éloquents. Plus de 90 % des patients morts du Covid-19 avaient plus de 65 ans, et 81 % souffraient d’une comorbidité. Et l’obésité en fait partie.

Dès le début de la pandémie, les personnes obèses ont été identifiées comme vulnérables au Covid-19. Et les scientifiques l’ont rapidement confirmé. En avril 2020, une équipe de Lille a montré que plus de 47 % des patients qui entraient en réanimation pour une forme grave de Covid-19 étaient obèses. Et les plus jeunes sont particulièrement concernés. Au même moment, le chef du service de maladies infectieuses de l’hôpital Bichat à Paris, Yazdan Yazdanpanah, expliquait dans Le Figaro que plus de 80 % des moins de 50 ans qui se trouvent en réanimation à cause du Covid-19 étaient en surpoids ou obèses.

Un facteur de risque largement connu et pourtant balayé par Jérôme Salomon. Parce que cibler les personnes obèses, ou porteuses d’une comorbidité, les exposeraient à un risque de discrimination, affirmait-il.

Grossophobie ambiante

Cette position fait écho au vécu des patients au début de la pandémie. De mars à mai 2020, la « grossophobie » a explosé : les obèses auraient été responsables de l’engorgement des hôpitaux. Début mai de la même année, La Ligue contre l’obésité a publié la tribune « Subir, souffrir, mourir » pour dénoncer les discriminations dont ils étaient victimes. La déferlante de grossophobie fut telle que certaines associations ont hésité sur une éventuelle mobilisation, raconte Caroline Izambert, historienne spécialiste de santé publique. Mais « comment s’exprimer dans un océan de méconnaissance sur l’obésité ? Comment prendre la parole sans renforcer ces préjugés ? »

Un souvenir douloureux pour la…

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Auteur: Violaine Colmet Daâge Reporterre

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