L’obsession du cinéma français pour le réalisme social

Chez Frustration, notamment depuis les articles de Rob Grams sur son concept de « bourgeois gaze », ou dans cet article récent de Farton Bink, on s’intéresse beaucoup à la question des classes dans le cinéma. Aujourd’hui, Jules Adam Mendras se penche sur les nombreuses impasses qui découlent de la mise en scène des rencontres inter-classes dans le cinéma français, et sur la mystification qui émane de ce qui est perçu comme une certaine obsession pour un prétendu “réalisme” social, ô combien illusoire et bien souvent révélateur du regard bourgeois. 

La récente sortie en salles de Classe Moyenne d’Antony Cordier a ravivé l’éternelle question sur la valeur sociale du cinéma français. Bien que le film adopte une approche scénaristique parfois très (très) didactique et ne prenne jamais parti, il a le mérite de proposer une lecture légèrement différente de celle de nombreuses productions grand public : il interroge les rapports de force que la classe populaire peut mobiliser lorsqu’elle se confronte à la bourgeoisie. 

Dans Classe Moyenne, le couple Troussard (Laurent Lafitte et Élodie Bouchez), propriétaires d’une villa outrageusement luxueuse dans le sud de la France, emploie à l’année les Azizi, un couple de gardiens incarné par Laure Calamy et Ramzy Bedia. À la suite d’un différend avec leurs employeurs, ces derniers engagent une véritable guerre contre leurs patrons, qui les exploitent illégalement depuis des années. Sur fond de satire sociale, le film met en lumière la manière dont la bourgeoisie tire profit du travail de ses employés, tout en montrant comment ces derniers peuvent, par des actes de résistance et de sabotage, inverser ponctuellement le rapport de force.

Si le film s’achève sur une morale teintée de cynisme et peu courageuse, il parvient à éviter un travers récurrent du cinéma français consistant à réduire la question sociale à la rencontre improbable de…

La suite est à lire sur: frustrationmagazine.fr
Auteur: Jules Adam Mendras

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