La thèse de l’identité culturelle comme défi stratégique et non repli sectaire
Notre argumentaire soutient la thèse que, devant la multiplicité et la complexité des crises qui augmentent les fractures du monde, tout en structurant l’impuissance des peuples devant leur exploitation sans limites, c’est sur le terrain de la culture et de l’identité, non pas comme repli sectaire et réactionnaire, mais comme ferment stratégique d’une nouvelle écologie de valeurs et d’un “ Humaniste de la diversité ”, que se joue leur avenir. Et en cela les politiques chaotiques de Donald Trump, sont, par-delà leurs motivations, un atout inespéré que doivent exploiter ceux et celles qui prétendent lutter contre l’invariance de la déshumanisation qu’institue le capitalisme dans ses multiples transformations. De fait, l’incapacité des prétendues avant-gardes progressistes de part et d’autre dans le monde à décoder les signaux faibles du chaos trumpien, comme augures de nouveaux possibles hors de l’invariance de l’exploitation capitaliste, est un impensé stratégique qui confirme l’obsolescence des idéologies de l’après-guerre pour approprier la complexité du monde. Car, reposant sur des certitudes doctrinales et sur des impostures démocratiques, qui partagent le monde de manière simpliste en bons et méchants, elles offrent peu de marges pour faire surgir une pensée d’ouverture comme posture stratégique indispensable pour des actions innovantes.
Et pour cause ! Comme le dit Alain Charles Millet, « Toute situation complexe appelle la stratégie qui appelle en retour une pensée complexe » (La dialogique généralisée, fondement de la stratégie, cité in : Sur les pas de Jean-Louis Le Moigne, 2024, Projectique, n° 37, De Boeck Supérieur). Et pour que la stratégie rayonne, elle a besoin d’un ferment culturel dense et contextuel. Comme exemple de cas, on peut prouver que Haïti se fossilise anthropologiquement et…
Auteur: Erno RENONCOURT

