En Palestine
Sans remonter à la Déclaration Balfour, ni à la Naqba, ni même au « détricotage » consenti des Accords d’Oslo, arrêtons-nous à l’énorme faute commise par nos démocraties en janvier 2006, après la victoire du Hamas dans les urnes, dont même Le Monde (26/01/2006) a reconnu qu’elle avait été « obtenue au terme d’un processus électoral exemplaire ».
Au lieu de saluer cette victoire et de conforter au sein du Hamas le camp des pragmatiques, nos gouvernants, dans leur obsession à combattre le terrorisme, n’ont fait qu’accroître l’attrait pour la lutte armée aux yeux des Palestiniens, d’autant que le Fatah, perçu comme une courroie de transmission au service du gouvernement israélien, perdait une bonne part de sa représentativité. Fort de l’appui de nos démocraties, les dirigeants de l’État hébreu ne se sont d’ailleurs pas fait prier pour miser sur les islamistes du Hamas pour détruire le Fatah d’inspiration laïque.
Et pourtant, si le Hamas après sa victoire électorale avait été reconnu comme une force politique représentative, il aurait bien été forcé, comme l’avait fait l’OLP en 1996, d’abandonner un jour ou l’autre son fantasme de destruction de l’État d’Israël.
Ça n’a d’ailleurs aucun sens d’imaginer que le Hamas, à supposer qu’il en ait eu l’intention, soit en mesure d’abattre un jour l’État d’Israël. Ce fantasme occidental n’a servi qu’à une chose : donner au gouvernement de « la seule démocratie du Proche Orient » le feu vert pour transformer la bande de Gaza en prison à ciel ouvert et, par voie de conséquence, fanatiser les responsables du Hamas.
Cette lourde faute historique a été dénoncée par l’ancienne députée européenne Véronique De Keyser dans son ouvrage coécrit avec Stéphane Hessel Palestine, la trahison européenne, Fayard 2013. Hélas, cette grande dame – une vraie socialiste – a dû se sentir bien seule au sein…
La suite est à lire sur: www.legrandsoir.info
Auteur: André LACROIX

