La Russie a envahi l’Ukraine le 24 février 2022. Cette guerre a été horrible, bien qu’elle ne se compare pas aux terribles destructions provoquées par le bombardement américain de l’Irak (“choc et crainte”) en 2003. Dans la région biélorusse de Gomel, qui borde l’Ukraine (1), des diplomates russes et ukrainiens se sont rencontrés le 28 février pour entamer des négociations en vue d’un cessez-le-feu. Ces pourparlers ont échoué. Début mars, les deux camps se sont à nouveau rencontrés en Biélorussie pour mener une deuxième et une troisième négociation.
Le 10 mars (2), les ministres des Affaires étrangères de l’Ukraine et de la Russie se sont rencontrés à Antalya, Turquie, et enfin, à la fin du mois de mars, de hauts fonctionnaires ukrainiens et russes se sont rencontrés (3) à Istanbul grâce à l’initiative du président turc Recep Tayyip Erdoğan. Le 29 mars, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, a déclaré : « Nous sommes heureux de constater que le rapprochement des deux camps s’est accru à chaque étape. Nous avons pu atteindre un consensus et une compréhension commune sur certains points ». En avril, une entente concernant un accord provisoire a été conclue entre la Russie et l’Ukraine, selon un article paru dans Foreign Affairs.
Début avril, les forces russes ont commencé à se retirer de l’oblast de Tchernihiv (4), dans le nord de l’Ukraine, ce qui signifie que la Russie a cessé ses opérations militaires autour de Kiev, la capitale de l’Ukraine. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont affirmé que ce retrait était la conséquence d’un échec militaire, tandis que les Russes ont déclaré qu’il était dû à l’accord provisoire. Il est impossible de déterminer, sur la base des faits disponibles, laquelle de ces deux affirmations était correcte.
Avant la conclusion de l’accord, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, est arrivé à Kiev le 9 avril. Un média ukrainien (Ukrainska Pravda) (5) a rapporté que Johnson avait transmis deux messages au président ukrainien, Volodymyr Zelensky : d’abord, que le président russe, Vladimir Poutine, « doit être mis sous pression et non pas être un partenaire de négociation », et ensuite, que même si l’Ukraine signait des accords avec le Kremlin, l’Occident n’était pas prêt à faire de même. Selon Ukrainska Pravda, peu après la visite de Johnson, « le processus de négociation bilatéral a été suspendu ». Quelques semaines plus tard, le secrétaire d’État étasunien,…
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Auteur: Vijay Prashad Le grand soir

