Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, 2,9 millions de ménages, soit environ 5 millions de personnes, attendent un logement social. Voilà maintenant des années que la crise du logement s’aggrave sans réponses publiques à la hauteur. Pire : cette avarie résulte d’un retrait constant de l’État et d’une marchandisation du secteur HLM, qui s’est amplifiée au cours de la dernière décennie, mettant en péril le modèle français du logement social tout comme le régime général des retraites ou le financement de la Sécurité sociale.
La présidence Macron a constitué un sommet de cette recomposition profonde de la politique du logement, consacrant à la fois le retrait de l’État dans l’aide à la pierre, la dérégulation méthodique de l’organisation HLM, la mise en difficulté de la mixité sociale et la stigmatisation des milieux populaires.
Dès son élection, le président des « premiers de cordée » décidait de réduire de 5 euros le montant des aides personnalisées au logement (APL) : le ton était donné dès juin 2017. L’offensive s’est ensuite portée sur le financement du logement social, avec, en 2018, la décision de réduire drastiquement les APL et d’instaurer un prélèvement d’État sur les organismes du logement social via la réduction de loyer de solidarité (RLS). Ce dispositif a ponctionné en dix ans plus de 13 milliards d’euros dans les caisses des organismes HLM, asphyxiant leurs capacités de construction et de rénovation.
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Auteur: Eddie Jacquemart

