Loi «casseurs-payeurs» : un pas de plus vers l’État policier


Punition collective et criminalisation des intentions : le projet de loi présenté en Conseil des Ministres par Sébastien Lecornu nous renvoie au XIXème siècle en matière de libertés publiques


Paris, 9 mars 1883. 15.000 ouvriers, menuisiers et sans-emploi battent le pavé pour s’insurger contre la faim et la pauvreté, parmi lesquels Louise Michel, ainsi que plusieurs figures majeures du mouvement anarchiste encore balbutiant. La manifestation est féroce : équipée d’un révolver, la féministe Paule Mink charge la police l’arme au poing, tandis qu’un des cortèges manque de peu de prendre le palais de l’Élysée. Un second groupe s’enfonce quant à lui dans le cossu quartier Latin, et y dévalise trois boulangeries aux cris de «Du pain ou la mort». Par la suite, Louise Michel, bien qu’elle n’ait pas été impliquée dans le pillage de ces boulangeries, est inculpée pour «pillage de denrées en réunion et à force ouverte», puis condamnée à 6 ans de prison. Enfermée pour des actes dont elle n’est pas responsable. Coupable de dégradation par association, pour sa simple présence.

140 ans plus tard, en 2026, le projet de loi «casseurs-payeurs» des macronistes cherche à ré-instaurer des formes de punition collective, quitte à condamner des personnes pour des actes qu’elles n’ont pas commis, ou sur la base d’une supposée «intention» de les commettre. Ce projet de loi, s’il venait à être adopté, provoquerait un retour en arrière vertigineux, et un pas de plus vers le totalitarisme.

Les moyens alloués à la police française sont déjà proprement délirants : impunité juridique garantie avec la loi «permis de tuer», équipements dernier cri et armes toujours plus sophistiquées pour mutiler et tuer. Mais le gouvernement juge visiblement que la répression n’est toujours pas à la hauteur : en conseil des ministres, Sébastien Lecornu a présenté un texte en 5 articles…

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Auteur: B