A minima, le moment démocratique aura enfin lieu. Après le succès d’une pétition initiée à l’été 2025, ce mercredi 11 février après-midi, se tiendra un débat à l’Assemblée nationale sur la loi Duplomb. Réunissant plus de 2,1 millions de signatures, le texte, réclamant l’abrogation de la loi, avait largement franchi la barre des 500 000 signatures nécessaires pour obliger les députés à discuter des risques sanitaires portés par cette loi écocidaire.
À la suite d’une motion de rejet votée par les députés du centre et de l’extrême droite, le 26 mai 2025, l’examen du texte visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » n’avait finalement pas eu lieu. À la place, la proposition de loi du sénateur (Les Républicains, LR) Laurent Duplomb, est passée directement en commission mixte paritaire, où la droite est majoritaire. Comme l’avait documenté Mediapart, 11 parlementaires membres de la commission étaient issus du monde agricole, et 4 avaient exercé des mandats importants à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le syndicat productiviste majoritaire.
« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé »
Dans le détail, le texte vise à encourager l’épandage par drones, à favoriser la construction de mégabassines, à détruire les zones humides ou encore à affaiblir l’indépendance de l’Anses, l’agence nationale chargée d’évaluer et d’autoriser la mise sur le marché des pesticides. Le 7 août, le Conseil constitutionnel avait censuré l’une de ses mesures les plus controversées : la réintroduction de l’acétamipride, un neurotoxique et tueur d’abeilles interdit en France. En s’appuyant sur la Charte de l’environnement, les Sages avaient justifié leur décision en indiquant que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et…
Auteur: Fanny Marlier

