« Du harcèlement législatif à l’état pur »
Le sénateur Laurent Duplomb a transformé l’obstination en stratégie politique. Censuré par le Conseil constitutionnel sur la réintroduction de l’acétamipride ? Qu’importe : il redépose exactement la même disposition, simplement reformulée pour passer le filtre des Sages, pour réautoriser l’acétamipride et le flupyradifurone, deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes. Les mêmes substances que le Conseil constitutionnel avait censurées en août dernier, au nom du droit constitutionnel « de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».
Le débat parlementaire sur la pétition citoyenne, qui a recueilli un record historique de 2,1 millions de signatures, était prévu le 11 février ? Duplomb dépose sa nouvelle proposition avant même l’aboutissement du processus démocratique en cours.
Pire : Sébastien Lecornu vient d’annoncer une « loi Duplomb 2 » pour mars prochain, assortie d’un florilège de mesures écocidaires. Déblocage « d’un maximum de projets » d’irrigation, suspension des arrêtés préfectoraux encadrant les prélèvements d’eau, réautorisation de néonicotinoïdes, dérogations aux normes sur les nitrates, nouvelles facilités pour abattre des loups, simplification du contentieux pour « lutter contre les recours abusifs »… Le catalogue complet de la FNSEA.
Ce passage en force constitue un piétinement manifeste de l’esprit des institutions. Aucune volonté de respecter le débat démocratique, seulement la défense acharnée des intérêts d’une minorité agissante. Car derrière cette persévérance apparemment individuelle se cache une machine collective parfaitement huilée : la FNSEA.
Reporterre l’a documenté : la loi Duplomb a été littéralement rédigée par le syndicat agricole productiviste. Des députés Renaissance et du Rassemblement national ont déposé des amendements…
Auteur: Isabelle Vauconsant

