« Qu’un membre du gouvernement se livre à la propagation de telles fake news est alarmant », lance la députée écologiste Delphine Batho. Face à elle, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard vient d’affirmer que la popularité de la pétition contre la loi Duplomb a été artificiellement gonflée par des « robots ». Les 2,1 millions de signataires de cette pétition lancée par une étudiante en plein été, apprécieront, alors que chaque signataire devait certifier son identité via FranceConnect.
Cet épisode est un des nombreux dérapages, émanant notamment du gouvernement, qui ont émaillé le débat devant un hémicycle clairsemé, le 11 février. Pour la première fois dans l’histoire parlementaire, les députées étaient invités à débattre d’une pétition – une procédure uniquement possible en cas de franchissement du seuil des 500 000 signatures. « L’Assemblée nationale a vérifié l’intégralité des signatures, qui sont très contrôlées » a tenté de temporiser Yaël Braun-Pivet qui présidait la séance.
Le débat relatif à l’examen de la pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb s’est tenu dans un hémicycle clairsemé.
© Sophie Chapelle
Au même moment, à l’extérieur, 1500 paysans et paysannes, scientifiques, professionnels de santé et victimes s’étaient rassemblés. Fleur Breteau, porte-parole du collectif Cancer Colère interpelle : « Madame Genevard, pour qui travaillez-vous ? Et où êtes-vous Madame Rist, ministre de la Santé ? Les malades vous regardent. » Malgré les importants enjeux de santé publique en débat, la ministre de la Santé Stéphanie Rist était absente de l’Hémicycle.
Co-rapporteure de la commission des affaires économiques, Aurélie Trouvé, députée insoumise, entend précisément porter ces voix : « Lorsque a émergé la pétition ’’Non à la loi Duplomb’’, je me suis dit : Enfin ! Nous ne sommes pas…
Auteur: Sophie Chapelle

