Porté par le sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains), ce texte « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » a créé de véritables polémiques pendant des mois en France. La cause : les importants reculs environnementaux qu’elle entraîne.
La disposition la plus contestée a été censurée par le Conseil constitutionnel. En application de la Charte de l’environnement inscrite depuis 2005 dans la Constitution française, les Sages ont interdit la réintroduction d’un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes, l’acétamipride. Cependant, Laurent Duplomb envisage déjà une nouvelle proposition de loi tenant compte des critères imposés par l’institution.
Surtout, le Conseil constitutionnel a laissé passer d’autres mesures tout aussi problématiques pour l’environnement comme les simplifications administratives accordées aux plus gros élevages pour faciliter l’agrandissement ou la construction de bâtiments d’élevage de porcs ou de volailles.
« La loi Duplomb va à l’opposé de ce qu’il faudrait faire », décrypte Philippe Pointereau, président de la fondation Terre de Liens pour La Relève et La Peste. Agronome et co-fondateur de Solagro, Philippe Pointereau a participé à l’élaboration du scénario Afterres2050, un scénario de prospective agricole et alimentaire.
« Le scénario Afterres2050 préconise de réduire les cheptels par deux en privilégiant les élevages les plus vertueux : les systèmes ruminants à l’herbe qui sont autonomes et biologiques, et pour les monogastriques comme les volailles des élevages en plein air »
Or, les fermes-usines favorisées par la loi Duplomb sont à l’origine de pollutions de l’eau, de l’air, des terres, et rejettent massivement des gaz à effet de serre. La Bretagne est déjà dramatiquement contaminée par les algues vertes à cause de l’élevage intensif porcin.
De surcroît, la loi Duplomb va…
Auteur: Laurie Debove

