1,6 million de signataires pour la pétition contre la loi Duplomb en quelques jours. Des tribunes des chercheurs les plus reconnus depuis des semaines. Des alertes de citoyens, d’ONG. Rien n’y fait. Le gouvernement et ses alliés signent et s’obstinent : la loi Duplomb a été adoptée par les parlementaires et rien ne permettra de revenir dessus. Ce serait cela, la démocratie. Des députés qui votent et décident. Point barre.
La vision est réductrice, minimaliste. Et, surtout, dangereuse. Elle témoigne bien de l’éloignement toujours plus important entre les citoyens et les citoyennes et les élu·es de la nation. La faute, notamment, à un acharnement à passer outre les corps intermédiaires. Et à renier toute forme réelle de démocratie participative. Car le sujet n’est pas nouveau.
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Au cours des huit dernières années, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le sujet démocratique revient régulièrement, comme un marronnier. Dès 2018, les gilets jaunes poussaient pour obtenir le référendum d’initiative citoyenne (RIC). Une revendication balayée par un « grand débat national » en guise de belle opération de communication. Dans la foulée, la mise en place d’une Convention citoyenne sur le climat, dont le travail, construit, argumenté, est balayé par Emmanuel Macron.
C’était il y a près de 7 ans, et pourtant. Avec 1,6 million de signatures en quelques jours, la pétition qui s’oppose à la loi Duplomb rappelle à quel point, dans notre démocratie, les citoyens sont démunis face à un pouvoir qui souhaite passer en force.
On prédisait un parlementarisme plus important : on observe un autoritarisme grandissant.
Car même si les défenseurs…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

