Le 25 février 2026, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi sur l’aide à mourir, peu modifiée en comparaison de la première mouture de mai 2025. Pourtant, un certain nombre de voix, approbatives il y a un an, ont refusé de voter désormais ce texte, réduisant d’autant le petit écart des voix. Comment ne pas y voir une profonde fracture au sein de la représentation nationale ?
Comment ne pas mesurer la rupture anthropologique et sociale engagée par cette proposition législative ? Les « ouvertures » inscrites par le débat parlementaire vont très au-delà du projet initial voulu comme un « modèle français » équilibré. Elles contribuent à des ambiguïtés qui sont déjà des portes béantes pour libéraliser totalement la mort donnée, ainsi que le montrent les pays ayant légiféré sur le sujet. Pour un gouvernement, la légalisation de gestes de mort pourrait être un moyen de réduire les dépenses de santé en fin de vie, comme l’a montré une étude du parlement canadien (1).
Questions et inquiétudes
Cela suscite dès aujourd’hui questions et inquiétudes. Les politiques promoteurs du projet ont-ils écouté et entendu les soignants ? En se justifiant avec des « souffrances insupportables », ont-ils conscience que de telles situations sont devenues plutôt rares ? La loi actuelle a permis de répondre à la plupart des demandes relatives à la fin de vie en ne générant quasiment pas de contentieux. La maladie de Charcot si souvent mentionnée peut y trouver des réponses fort utiles, respectant l’autonomie du patient et lui permettant une sédation profonde et continue jusqu’à la mort quand celle-ci approche.
La mise en œuvre d’une telle sédation est certes complexe. Mais les structures de soins palliatifs peuvent y aider. Encore faut-il y avoir accès ! Certes, la loi votée vise « à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins…
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