Loi intégrale contre les violences sexuelles : « On se trouve là face à un féminisme qui a extrêmement confiance en l'État »

La proposition de « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles est actuellement examinée en commission et arrivera à l’Assemblée nationale le 1er octobre. Pensée pour apporter « une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants », cette proposition trouve son origine dans un travail mené par une coalition féministe, composée de différentes associations et syndicats, créée en octobre 2024.

Cette dernière a formulé 140 recommandations, dont une coalition parlementaire s’est saisie à partir de janvier 2025 pour penser une loi permettant à la fois de prévenir de façon efficace ces violences, de mieux accompagner les victimes et de s’assurer que les auteurs soient sanctionnés.

L’inscription de cette proposition de loi à l’agenda parlementaire dès l’automne constitue une réaction au meurtre de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte début juin après avoir subi un viol, alors que plusieurs procédures visaient le principal suspect. L’affaire a suscité une immense colère, qui a en partie contraint le gouvernement à revoir d’urgence sa copie en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Dans ce contexte, la proposition de loi intégrale bénéficie d’une large adhésion : 241 députées la soutiennent, issues de tous les partis, à l’exception du Rassemblement national et de l’Union des droites pour la République (UDR), qui n’ont pas été conviés aux travaux parlementaires ; ainsi que de La France insoumise (LFI), qui, tout en soutenant les revendications des associations et une hausse des moyens alloués à la justice pour traiter ces violences, dénonce notamment certaines « mesures répressives inutiles » présentes dans le texte.

D’autres vont plus loin, à l’image de l’essayiste Elsa Deck Marsault, qui appelle à rompre avec l’idéal punitif. Militante féministe, elle est cofondatrice du