La dissolution de l’Assemblée nationale a mis fin à l’examen du projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie, dont le vote solennel était fixé au 18 juin. La représentante Nord-Pas-de-Calais du Choix, citoyens pour une mort choisie, revient sur les étapes du processus ayant abouti à ce texte législatif et réaffirme les combats à venir des militants de son mouvement.
La déception des militants pour une autre médecine – celle qui reconnaîtrait au patient le droit de décider de son devenir avec un médecin – est grande. Le projet de loi enfin débattu à l’Assemblée nationale était une révolution qu’une majorité de Français attendait depuis plus de vingt ans, avec plus ou moins de réserves ; un droit nouveau, émancipateur, après l’amorce de ce droit au libre arbitre par la loi Kouchner de 2002 qui en posait les bases, avec le principe du consentement, et alors que nos voisins belges inscrivaient dans leur loi ce qui allait devenir un modèle dans le monde et en France. Il s’agissait surtout de faire respecter la volonté du patient dans des situations extrêmes.
Vingt ans d’attente ont été balayés par le coup de folie d’un homme sans doute arrivé trop tôt aux responsabilités.
Plus de vingt ans d’attente ont été balayés par le coup de folie d’un homme sans doute arrivé trop tôt aux responsabilités et qui a joué son hypothétique avenir politique au risque de donner les clés du pouvoir à un courant rétrograde et antidémocratique qui rappelle les pires heures de notre histoire. Balayé d’un coup, un processus démocratique questionnable mais qui avait abouti à ce que le débat sur la fin de vie entre enfin dans la sphère publique et que nos législateurs s’en emparent.
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