Après les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Canada, la France va-t-elle rejoindre la liste des quelques pays légalisant « l’aide active à mourir » ? Votés à l’Assemblée nationale en février dernier, deux propositions de loi sur la fin de vie reviennent au Sénat jusqu’au 13 mai.
La première, qui fait plutôt consensus, est portée par la député Renaissance Annie Vidal. Elle vise à permettre un meilleur accès aux soins palliatifs déjà existants, en renforçant la loi « Claeys‑Leonetti », qui instaurait, en 2016, la possibilité pour un patient de demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès.
« Nouveau droit » ou proposition « dangereuse » : la loi sur l’aide à mourir revient au Parlement
La seconde, déposée par le centriste Olivier Falorni, a été rejetée une première fois au Sénat. Ce 11 mai, celui-ci a de nouveau retoqué son article principal, qui suscite beaucoup d’oppositions et de débats : bouleversant le cadre actuel, la proposition de loi créerait « un droit à l’aide à mourir » sous conditions. Autrement dit : une légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Une « avancée progressiste » pour certains, qui ouvrirait pour d’autres une boîte de Pandore actant une hiérarchisation des vies. Parmi les opposants aux texte, de nombreux élus de droite et mouvements catholiques conservateurs, mais aussi une minorité de gauche antivalidiste, qui alerte sur les potentielles dérives eugénistes qu’il permettrait.
« Combien de personnes malades et handicapées acculées par l’exclusion, la précarité, la souffrance socio-économique, l’absence d’accès aux palliatifs, ou aux soins tout court, allons-nous accepter de voir mourir pour qu’une poignée d’autres puissent contrôler leur mort ? », interroge notamment l’avocate au barreau de Paris et militante féministe et antivalidiste dans Pour mourir, taper 1 – Comment la loi…
Auteur: Rozenn Le Carboulec

