Les 16 et 17 avril prochains, l’Assemblée nationale examinera la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan, officiellement intitulée « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Un texte qui a de fortes chances d’être voté et qui punira sévèrement toute forme de remise en question du fait colonial constitutif de l’État d’Israël. Sous prétexte de la lutte contre l’antisémitisme, déjà grandement encadrée par un arsenal législatif conséquent, la loi, si elle est adoptée, va grandement restreindre la liberté d’expression sur la question palestinienne.
Déposée en novembre 2024, la proposition de Caroline Yadan s’inscrit dans un contexte de forte mobilisation des acteurs pro-israéliens pour faire taire les voix dénonçant le génocide à Gaza, l’apartheid et le nettoyage ethnique en Palestine, en tentant de les stigmatiser comme des points de vue motivés par l’antisémitisme et non par la défense des droits fondamentaux du peuple palestinien. Pour les promoteurs de la loi Yadan, le droit actuel ne permettrait pas de répondre pleinement à certaines formes « contemporaines d’antisémitisme », jugées plus « diffuses », « indirectes » ou « détournées ».
Le texte s’inscrit dans la logique de la définition de IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) qui inclut certaines formes de critique d’Israël comme pouvant être antisémites. Cette définition adoptée par l’organisation en 2016 a aussi été approuvée en France par des résolutions de l’Assemblée nationale (en 2019) et du Sénat (en 2021).
Protéger Israël au détriment des libertés en France ?
S’appuyant sur cette définition, la proposition de loi veut élargir la répression de l’antisémitisme à des discours qui ne visent pas explicitement les Juifs, mais qui pourraient, selon ses défenseurs, en constituer une « forme indirecte ». Ses dispositions visent ainsi…
Auteur: Meriem LARIBI

