« Non à la loi Yadan ». C’est à une proposition de loi hautement inflammable que s’attaque cette pétition, qui a franchi mardi 7 avril le seuil symbolique des 500 000 signatures. Il aura suffi d’une petite semaine et une mobilisation massive sur les réseaux sociaux, notamment de la part d’associations comme la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour que cet appel aux citoyens lancé le 18 février sur le site de l’Assemblée nationale sorte de la confidentialité.
Dans le viseur des signataires : la proposition de loi de Caroline Yadan, qui entend lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Dans son texte, la députée Ensemble pour la République pointe notamment l’explosion des actes antisémites en France depuis le 7 octobre 2023 et l’attaque terroriste du Hamas. Pourtant, la proposition de loi crispe les syndicats et jusque dans les couloirs de l’Assemblée nationale.
Certains députés du bloc central affichent en effet leur malaise et prennent leur distance face à un texte jugé clivant. En cause : le risque d’amalgamer antisémitisme et critique de la politique israélienne, la proposition de loi affirmant que la « haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs », et « l’appel à la destruction » de l’État d’Israël « une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble ».
Une loi jugée dangereuse pour la liberté d’expression
Jérôme Heurtaux, politologue et auteur de Le droit international est-il mort à Gaza ? (Riveneuve, 2025), pointe de son côté les contours « flous » de la loi, notamment en ce qui concerne l’apologie de terrorisme, qui vise notamment des « slogans » et des « appels à l’intifada (soulèvement, révolte populaire, NDLR) », sans plus de précision.
Derrière la pétition, soutenue par La France insoumise (LFI) et une portion du…
Auteur: Camille Ferrand

