En 2013, l’homme d’affaires russe Dmitri Rybolovlev acquiert le Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci. Le tableau du génie florentin vient s’ajouter aux œuvres de grands maîtres qu’il possède déjà : des toiles de Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Gustav Klimt… Une collection exceptionnelle, constituée grâce au marchand d’art suisse Yves Bouvier.
Mais le duo se déchire en 2015. Dmitri Rybolovlev accuse Yves Bouvier de lui avoir surfacturé les œuvres d’art qu’il lui a procurées. Selon l’oligarque, le montant de l’escroquerie s’élèverait à un milliard de dollars. Commence alors une virulente bataille judiciaire. Elle durera neuf ans et ira jusqu’à éclabousser la célèbre maison de vente Sotheby’s, ainsi que des membres du gouvernement monégasque.
Dans la série documentaire L’Oligarque et le Marchand d’art, le réalisateur danois Andreas Dalsgaard retrace en trois épisodes cette histoire. Trahison, orgueil, escroquerie, entrée en scène d’un détective privé… Elle a tout de l’intrigue d’un thriller, genre dont il reprend l’esthétique. Une bande-son pleine de tension et un montage dynamique rythment le récit, haletant et soigneusement documenté.
Un scandale au cœur du monde de l’art
L’Oligarque et le Marchand d’art prend la forme d’une narration chorale, portée par une vingtaine de témoignages de journalistes, de spécialistes du monde de l’art et de protagonistes de l’affaire. Yves Bouvier s’exprime à de nombreuses reprises. Pas Dmitri Rybolovlev, qui a refusé de prendre la parole. Sa version des faits est tout de même rapportée par ses avocates. Outre ces témoignages, Andreas Dalsgaard s’appuie sur des images d’archives et sur des messages échangés entre le marchand d’art et l’homme d’affaires, révélés par des investigations de la justice monégasque.
À travers le combat qui a opposé Yves Bouvier à Dmitri Rybolovlev,…
Auteur: Julie Sarfati

