Anciennement professeur à l’université Paul-Valéry, Jean-Marie Brohm est aussi l’auteur d’un essai sur Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, et également grand admirateur du nazisme
Article initialement paru dans le journal papier numéro 40 du Poing, “Un autre sport est possible”, sorti en mars 2024.
Comme il y a des Gandhi, des Martin Luther King, et autres Pierre et Marie Curie, le baron Pierre de Coubertin continue d’être généralement rangé parmi les bienfaiteurs de l’humanité, totalement inattaquables. Tout le discours des hommes politiques, droite et gauche confondus, toute la vulgate médiatique, reproduisent ad nauseam cette appréciation. A la jointure du XIXe et du XXe siècle, cette personnalité française puise dans une lecture idéalisée et fantasque – commune en son temps – de la Grèce antique, pour instaurer les Jeux olympiques tels qu’ils vont se développer durant tout le vingtième siècle, et jusqu’à aujourd’hui.
Des Montpelliérains aujourd’hui plus très jeunes se souviennent de l’époque où Jean-Marie Brohm enseignait la sociologie à l’Université Paul-Valéry. S’il vit aujourd’hui à Paris, cet intellectuel n’a absolument rien perdu de sa radicalité dès lors qu’il développe sa sociologie critique du sport. Cela notamment au travers de la revue « Quel Corps ? » et ses éditions. Cette sociologie du sport aborde l’institution sportive comme intégralement combinée à la domination capitaliste sur la société.
Le sport y sera venu conditionner les corps en fonction de multiples catégories, notamment sexistes et racistes, dans une optique de performance et de compétition généralisée, inculquant des principes de discipline, imprégnés d’exaltation nationaliste. C’est en continuité d’un tel paysage, et non comme un excès malencontreux, que la mouvance de Quel Corps ? analyse la structure purement affairiste et opaque des Jeux Olympiques,…
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Auteur: Jules Panetier

