L’ONG Canopée a bloqué l’usine de Sylvamo, qui continue les coupes rases sans respect des espèces protégées

Une vingtaine d’activistes étaient présents pour empêcher les camions de livrer leur cargaison de bois : enchaînés sur la voie d’accès destinée aux grumiers à l’aide de blocs de béton de plus de 80 kg, ou faisant directement face aux véhicules.

L’objectif ? Faire pression sur les dirigeants de l’entreprise papetière américaine pour obtenir un rendez-vous et des engagements.

« Au bout de 4 heures de blocage, il y avait 45 camions qui étaient bloqués, plus toute la circulation de la ville », raconte Bruno Doucet, chargé de campagne de Canopée à La Relève et La Peste. « Les chauffeurs se sont énervés, parce que ça leur fait perdre leur journée de travail. Cette tension a obligé Sylvamo à bouger et à ne pas faire l’autruche : on est partis avec la promesse de Sylvamo de faire une rencontre physique la semaine prochaine ». 

Des destructions d’espèces protégées. 

L’association Canopée n’en est pas à son premier échange avec Sylvamo. Ces derniers mois, Canopée a alerté l’entreprise à plusieurs reprises sur le risque de destruction de gîtes d’espèces protégées lors de chantiers forestiers menés par sa filiale d’exploitation, « le Comptoir des Bois de Brive », ou ses fournisseurs.

En 2025, l’association avait temporairement bloqué une coupe rase en Creuse destinée à fournir du bois pour Sylvamo.

« Ils ne réalisaient pas la coupe mais avaient acheté le bois », explique Bruno Doucet. « On les avait prévenus en leur disant qu’il y avait 13 espèces de chauves-souris. Eux n’ont pas voulu répondre. » 

Bruno Doucet, devant l’abatteuse bloquée, le 19 mai 2025

En juillet 2026, Canopée tente à nouveau de bloquer une coupe rase sur la commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois, dans la Creuse. Selon deux naturalistes, la parcelle abrite des barbastelles d’Europe qui, comme toutes les chauves-souris, sont protégées en France. Malgré les alertes, la parcelle est rasée, cette…

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Auteur: Eloi Boye