«Chaque jour, trois affaires de violences policières sont ouvertes» : +59% en huit ans, les violences policières explosent, l’impunité policière aussi.
Les violences explosent, les enquêtes diminuent
L’IGPN, la fameuse «police des polices», est un trompe l’œil qui ne traite que 10% des affaires de délinquance policière. Le 12 septembre dernier, Bilal, un jeune homme de 15 ans, est interpelé par la CSI 93 à Bobigny dans le 93. Une compagnie de policiers basée en Seine-Saint-Denis connue pour sa violence et ses pratiques mafieuses. Tabassé, défiguré, les policiers lui demandent de faire des bruits d’animaux. Lorsque sa mère se rend au commissariat, on ne la laisse pas entrer, on ne lui donne aucune explication. Une plainte pour torture et barbarie est déposée, et pourtant l’IGPN n’a pas été saisie. La machine à fabriquer la toute puissance policière se met en branle.
C’est pour que soit documentée et que cesse cette impunité que l’ONG Flagrant Déni, malgré les intimidations policières dont elle a été l’objet, sort le 18 novembre son rapport sur les polices des polices. S’appuyant sur des témoignages de victimes, d’avocat·es, mais aussi d’entretiens avec des chercheur·ses, des magistrat·es ou des policier·es, elle dresse un constat implacable : les violences policières ne font qu’augmenter, tout comme l’impunité. Si les affaires de violences policières sont aujourd’hui plus médiatisées grâce à des familles de victimes qui ont porté le combat comme Assa Traoré ou Mounia Merzouk, des médias comme le Bondy Blog ou des ONG comme Flagrant Déni, il n’en reste pas moins que la manière dont sont traitées ces affaires par la police et la justice reste très obscure. On sait trop peu de chose sur la gestion des affaires, qui est structurellement défaillante.
Le rapport rappelle que «l’État devrait en principe ‘limiter le recours excessif à la force’…
Auteur: B

