« L’ordre impérial construit par les États-Unis vacille »

La menace de transformer le Canada en 51e État des États-Unis, les ambitions affichées sur le Groenland, l’enlèvement du président Maduro au Venezuela ou encore la guerre contre l’Iran : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la politique étrangère américaine semble renouer avec une logique impériale au mépris du droit international.

Cette volonté de domination n’a rien de nouveau. Expansion territoriale, soumission des populations, exploitation effrénée des ressources naturelles : ces logiques traversent toute l’histoire des États-Unis. Elles sont à l’œuvre dès leur naissance où se dessinent les premiers traits d’un projet impérial.

Le territoire national s’est construit par la dépossession, l’expulsion et le massacre des peuples autochtones. Cet impérialisme intérieur, naturalisé sous le nom de “destinée manifeste”, a souvent été occulté par les conquêtes extérieures.

Ingérences répétées

Dès 1823, la doctrine Monroe affirme le droit exclusif des États-Unis à façonner le destin du continent américain. Dans le même temps, l’économie esclavagiste repose sur l’exploitation de millions d’Africains réduits en servitude, prolongeant les rapports de domination imposés au continent africain.

Quelques décennies plus tard, l’ensemble du monde non industrialisé est contraint de s’ouvrir aux échanges commerciaux américains, comme en témoigne la démonstration de force du contre-amiral Perry au Japon en 1854.

À la fin du XIXe siècle, l’achèvement de la conquête de l’Ouest et la disparition de la « Frontière » ouvrent une nouvelle phase. « Le goût de l’empire règne sur chacun de nous comme le goût du sang règne sur la jungle », écrit le Washington Post.

En 1898, le traité de Paris place les Philippines et Porto Rico sous domination américaine. Cuba devient un protectorat. Les États-Unis annexent Hawaï et les Samoa et…

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