L’actualité de l’Église de ces six dernières années a été mouvementée : drame et scandale des abus sexuels, incendie puis reconstruction de Notre-Dame, atteintes aux biens et aux personnes. Le recul de son influence dans les débats publics s’est confirmé. Et en son sein, les changements se sont aussi multipliés : synode sur la synodalité, place des femmes, ministères laïcs institués, relations avec les traditionalistes, etc.
C’est dans ce contexte que la Conférence des évêques de France va élire son nouveau président début avril prochain. Les spécialistes chercheront à décrypter l’état d’esprit et les orientations des évêques dans le choix du successeur de Monseigneur de Moulins-Beaufort. Mais quelle va être la feuille de route du nouveau président ?
Élu au cœur de la crise des abus, Mgr de Moulins-Beaufort avait reçu implicitement celle de construire, avec tous les évêques, une réponse aux attentes des personnes victimes de violences sexuelles. Avec le conseil permanent sortant, il a aussi mené à bien une réforme de la Conférence elle-même : réduction du nombre d’instances, simplification de l’organigramme, innovations à l’assemblée plénière. Ces étapes étant franchies, il est maintenant possible d’aller de l’avant. Mais il ne peut pas s’agir de reprendre simplement le cours habituel des dossiers qui se répartissent entre les urgences et les affaires courantes.
Réduire les dépenses
L’Église n’a plus les moyens de continuer à fonctionner comme par le passé. Mais elle n’est pas condamnée au déclin ; et elle peut renforcer vraiment le souffle et le dynamisme qui l’animent toujours si elle modifie sa manière de fonctionner. Ayant contribué à la gestion de ses affaires économiques, sociales et juridiques, m’exprimant ici à titre personnel, je viens verser au débat deux suggestions concrètes qu’il me semblerait opportun de mettre en œuvre, dès…
Auteur: Ambroise Laurent

