Face à des blocages politiques qui questionnent les observateurs internationaux, la France a besoin de nouvelles approches. Et si l’organologie, la science des organisations, offrait aux députés des clés pour délibérer sereinement sur les vrais enjeux ?
La France traverse une période de fragmentation politique. Les observateurs, outre-Manche ou outre-Atlantique s’inquiètent de nos divisions et notamment de notre capacité à nous accorder sur un budget ou de réformer le pays. Face à ces défis, une discipline émergente, l’organologie, offre des pistes pour revitaliser notre démocratie.
Les politologues, bien sûr, ont leur mot à dire. Mais aussi les « organologues », c’est-à-dire les spécialistes des organisations, dont l’influence sur la société est croissante, comme les chercheurs de l’ESCP Ghislain Deslandes et Jean-Philippe Bouilloud l’ont noté. L’objet de cette profession, selon Rodolphe Durand, professeur à HEC Paris, est l’« analyse raisonnée des principes qui déterminent la survie des organisations ».
Rechercher les bons conflits
Que nous apprend l’organologie sur la façon dont les 577 députés de l’Hémicycle, aux valeurs politiques extrêmement diverses, pourraient débattre et, in fine, parvenir à des décisions sur des sujets clés ?
Premièrement, les organologues nous éclairent sur les effets des conflits, selon qu’ils sont liés à la tâche ou à la relation. Karen Jehn, chercheuse de l’Université de Melbourne, dans un article publié en 1995 et devenu célèbre, a rapporté les résultats de son étude de plus de cent groupes de travail. Les conflits liés à la tâche surviennent quand des membres de l’organisation divergent quant aux buts poursuivis, aux moyens de les atteindre, et au rôle de chaque membre. Par contraste, les conflits liés à la relation surviennent en cas d’incompatibilités interpersonnelles, et ont des effets néfastes.
Selon Karen Jehn, les…
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Auteur: Sébastien Fosse, Professeur associé de Management, Clermont School of Business

