Los Angeles, ou la fin de l'assimilation

Dans cet excellent article, Victor Artola analyse les émeutes contre les expulsions de migrants aux États-Unis depuis les mutations du capitalisme américain, de la variation de ses besoins de main d’oeuvre et de la volonté revancharde de l’État de répliquer 4 ans plus tard au soulèvement George Floyd qui a embrasé le États-Unis. Un must read comme on dit par chez eux.

Au cinquième mois du second mandat de Trump, les mouvements sociaux ayant marqué les années 2010 nous semblaient un souvenir distant. Le cinquième anniversaire de l’incendie du commissariat de Minneapolis était passé quasiment inaperçu et, dans les semaines qui ont précédé cette date symbolique, des rumeurs de grâce présidentielle pour Derek Chauvin avaient circulé dans les médias. Le rapport de force contre l’administration Trump semblait relégué aux réductions de personnel et aux remaniements budgétaires tandis que les intrigues de palais de l’affaire Musk offraient un ersatz de satisfaction en l’absence de conflictualité réelle. Toutefois, le soulèvement massif des habitants de Los Angeles contre la campagne anti-immigration trumpiste, causée par l’intensification des rafles de l’ICE dans cette Californie progressiste et multiculturelle, a ravivé le sentiment estival de révolte. Et si la « résistance » n’est pas encore d’actualité, la rébellion est de nouveau dans l’air.

Un État en phase avec son temps

Pour saisir l’ampleur du séisme qui s’est produit la semaine dernière [avec le début de la mobilisation populaire contre l’ICE], il nous faut saisir les dynamiques structurelles cachées derrière la mascarade de scandales, facéties, et infinis revirements qui ont animé les cinq premiers mois du second mandat de Trump. Derrière les coupes budgétaires drastiques et les licenciements massifs de la DOGE, rassemblé sous la stratégie de « flooding the zone » [que l’on pourrait traduire par la « saturation de…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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