Au Royaume-Uni, le ministre de la défense et le chef des forces armées parlent de la génération actuelle comme celle d’une « pré-guerre », car « l’ère des dividendes de la paix est révolue ». La rhétorique qui monte est très sérieuse et passe sans problème dans le récit quotidien. Lorsque je lis des commentaires affirmant que « si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre », je me souviens du célèbre poème de Trilussa, L’eroe ar caffè, celui qui « aplatit les montagnes, écrème, tire, tue, « pour moi – il marmonne – il n’y a qu’un seul chemin les biscuits dans la tasse ». Si ces personnages pathétiques poussent comme des champignons dans le débat public, ce n’est pas un hasard : la militarisation de la société se poursuit aux mains d’une élite qui n’a aucune légitimité pour le faire, mais qui sait que c’est le seul moyen de maintenir un pouvoir chaque jour plus délégitimé.
La guerre en Ukraine a révélé la faiblesse de l’OTAN, qui est probablement entrée dans une crise irréversible. Derrière la rhétorique d’une probable attaque russe contre un pays de l’OTAN comme les pays baltes ou la Pologne, il y a précisément le symptôme de la futilité d’une alliance qui a définitivement perdu, face à tout observateur du « Sud global », le sens de son existence et qui cherche dans « l’ennemi extérieur » la raison de masquer sa défaite militaire et politique. La Russie n’a aucun intérêt, ni même la possibilité, d’attaquer un pays de l’OTAN. D’une part, elle est dans une phase de déclin démographique où les guerres de conquête supposent une forte expansion interne, et d’autre part, l’invasion d’un pays comme la Pologne nécessite une armée de millions d’hommes bien armés, ce qui n’est pas à l’ordre du jour actuellement.
La guerre a une fois de plus mis en évidence le caractère largement antidémocratique des institutions politiques, tant dans les pays qui se sont montrés totalement…
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Auteur: Francesco SYLOS LABINI

