L’Ukraine a officiellement demandé à adhérer à l’OTAN en septembre 2022, mais elle s’est vite aperçue que, malgré le large soutien de l’OTAN, plusieurs États membres (comme la Hongrie) n’étaient pas à l’aise avec l’idée d’une escalade du conflit avec la Russie. Dès le sommet de l’OTAN à Bucarest en 2008, les membres ont salué « les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine et de la Géorgie à l’adhésion à l’OTAN. Nous sommes convenus aujourd’hui que ces pays deviendront membres de l’OTAN ». Toutefois, le Conseil de l’OTAN a hésité en raison du conflit frontalier avec la Russie. Si l’Ukraine avait été intégrée à la hâte dans l’OTAN et si le conflit frontalier s’était aggravé (comme ce fut le cas), l’OTAN aurait été entraînée dans une guerre directe contre la Russie.
Au cours de la dernière décennie, l’OTAN a renforcé sa présence militaire le long des frontières de la Russie. Lors du sommet de l’OTAN au Pays de Galles (septembre 2014), l’OTAN a mis en œuvre son plan d’action rapide (Readiness Action Plan – RAP). Ce plan a été conçu pour augmenter les forces militaires de l’OTAN en Europe de l’Est « de la mer Baltique au nord à la mer Noire au sud ». Deux ans plus tard, à Varsovie, l’OTAN a décidé de développer une présence avancée renforcée (eFP) dans la région de la mer Baltique avec des « groupements tactiques stationnés en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne ». La distance entre Moscou et les régions frontalières de l’Estonie et de la Lettonie n’est que de 780 kilomètres, ce qui est bien en deçà de la portée d’un missile balistique à courte portée (1 000 kilomètres). En réponse au renforcement de l’OTAN, le Belarus et la Russie ont organisé Zapad 2017, le plus grand exercice militaire de ces pays depuis 1991. À l’époque, des personnes raisonnables auraient pensé que la désescalade aurait dû devenir la priorité de toutes les…
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Auteur: Vijay PRASHAD

