L'OTAN en voie de décomposition

Un an plus tard, les déconvenues américaines autour de la circulation dans le détroit d’Ormuz, à l’entrée du Golfe arabo-persique, conséquence de la guerre lancée contre l’Iran, ainsi que le refus des principales nations européennes de prêter leur concours à l’US Navy pour en reprendre le contrôle, n’ont pas incité Washington à plus de complaisance.

Décidé à faire payer les Européens pour leur manque de soutien, Donald Trump, au fil de ses innombrables numéros de « showman », a successivement :

 traité ses alliés de « lâches »,
 clamé que les États-Unis « s’en souviendront »,
 qualifié une fois de plus l’OTAN de « tigre de papier » (ce qu’il proclamait déjà il y a vingt cinq ans, lorsqu’il était simple promoteur immobilier),
 et promis qu’il pourrait décider finalement de quitter un jour cette alliance transatlantique si peu fidèle aux sollicitations de son parrain,
 et au minimum ne pas appliquer son article 5, le mécanisme de protection solidaire au cas où un membre serait agressé (dont les États-Unis avaient profité après l’attentat de septembre 2001 contre les tours de New-York).

Gros morceau

Sans remonter au déluge — puisqu’il y a des décennies que Washinton reproche aux Européens de se comporter en « passagers clandestins » de l’Alliance, laissant aux États-Unis le soin de la financer, de l’alimenter en armes, de la diriger — la crise de confiance entre alliés remonte au moins à janvier dernier, lorsque le président américain avait réitéré ses menaces de longue date d’annexer le Groenland, territoire d’outre-mer du Danemark. Et, devant la levée de boucliers européens, demandé à l’OTAN de prendre le dossier en main, solutions à l’appui — ce qui n’a donné lieu à aucune suite, et suscité l’ire du grand homme.

Dans ce climat un peu électrique, le Pentagone avait d’ailleurs informé ses…

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Auteur: Philippe Leymarie

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