En Macronie, mieux vaut s’appeler Éric Zemmour que Louis Boyard. Dans un TGV, le jeune député (LFI) du Val-de-Marne est insulté et menacé violemment par un voyageur pro-israélien, qui filme la scène. Traité de « petit antisémite », de « sale nazi », mais aussi de « tapette » et de « grosse merde » qui ne serait « rien sans Cyril Hanouna » et « sans Bolloré », Louis Boyard ne se départit à aucun moment de son calme. Deux jours plus tard, comme il l’a raconté lui-même, la vidéo se retrouve sur les réseaux sociaux.
Exhibée sur la chaîne YouTube (qui la retirera) et le compte X de Bruno Attal, policier révoqué d’extrême droite, elle devient virale. Pour autant, cette agression d’un élu n’a guère fait réagir au-delà des rangs de la Nupes. « Aucun journaliste indigné, a noté Louis Boyard, aucun mot de soutien de députés de la minorité présidentielle, aucun signe de la présidente de l’Assemblée nationale. » En 2020, le multicondamné pour racisme Éric Zemmour avait reçu un long appel téléphonique d’Emmanuel Macron, et occupé les médias durant des jours après avoir été insulté et filmé dans la rue. Un deux poids, deux mesures devenu la norme.
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Auteur: Politis
