Ils comptaient déjà faire revivre le mammouth laineux et le loup sinistre, voilà que l’entreprise états-unienne Colossal Biosciences se lance dans un nouveau projet de « désextinction » avec un oiseau géant, le moa, disparu il y a environ six cents ans. Ces projets posent de très nombreuses questions.
Dans un contexte où l’innovation biotechnologique et les politiques économiques semblent suivre des trajectoires divergentes, les États-Unis se trouvent à un tournant. Ces dernières semaines ont révélé un contraste marquant entre l’annonce de la mise au monde d’un jumeau génétique d’une espèce disparue et la volonté de remettre au monde un oiseau géant disparu depuis des siècles, la création d’une espèce inventée (une chimère) dans la perspective de déséteindre le mammouth et une instabilité financière importante, perpétuellement renouvelée par les discours et orientations économiques controversées de l’administration Trump.
Cette concomitance met en exergue des questions fondamentales sur l’éthique de l’innovation et sa viabilité dans un environnement économique rendu volontairement imprévisible.
La « résurrection » du loup sinistre dans une économie instable
Colossal Biosciences a attiré l’attention, il y a peu, en mettant au monde une créature ayant une structure génétique similaire à celle du loup sinistre (Canis dirus), prédateur géant disparu il y a 13 000 ans. Le processus mobilise extraction et reconstruction d’ADN ancien, puis édition génomique d’embryons actuels de loups, perpétuant l’élan donné par le séquençage du premier génome d’espèce éteinte en 2008.
Parallèlement, l’économie américaine traverse une période de turbulences sans précédent, rappelant les politiques mercantilistes où la richesse se mesurait à l’accumulation de métaux précieux et au protectionnisme. Les dernières semaines ont été marquées par le vote d’un texte…
Auteur: Caroline Gans Combe, Associate professor Data, econometrics, ethics, OMNES Education
