Plus l’horizon paraît bouché, plus le monde sauvage peut être une ressource de vitalité. Y marcher au gré de ses sensations, c’est évidemment l’idéal, mais on peut aussi prendre des bouffées d’énergie en regardant des films qui lui sont consacrés, comme les trois présentés ici. Ils montrent que ce monde de diversité, de beauté, de calme (le plus souvent) aide à s’apaiser intérieurement. Il devient alors plus aisé de faire preuve d’empathie et de vivre les épreuves, dans l’action éclairée et non la réaction.
Les réalisateurs de ces documentaires se sont donné les moyens de travailler sans pression économique, pour faire apparaître cette précieuse dimension éthique. Louve. Une vie dans les Alpes est le fruit de milliers d’heures passées sur le terrain, et d’une observation naturaliste régulière entamée il y a quinze ans. C’est le premier film animalier entièrement consacré au loup et réalisé sans aucun piège photo ni moyens artificiels, et tourné en France — la vie vraie d’une louve toujours vivante, selon les réalisateurs.
Un caillou dans la chaussure, autre film tourné dans les Alpes, est le dernier-né de la famille Lapied, qui, depuis bientôt cinquante ans, filme la montagne, ses habitants humains comme non humains, en totale indépendance. Quant à Escargots, le grand voyage du petit-gris, produit pour Arte, il aura lui aussi nécessité plusieurs années de tournage, pour suivre le rythme très lent d’un petit-gris sur une longue période.
Ces trois documentaires sont aussi des films de résistance. Le monde sauvage n’y est pas montré comme un beau décor, mais comme un espace intensément vivant qu’il s’agit d’aborder avec prévenance, et qui est traversé lui aussi de conflits auxquels l’humanité contribue.
Vie de louve
En choisissant de montrer au plus près la vie d’une louve dans le massif alpin des Écrins, Louve éclaire le point de vue de cet animal : on…
Auteur: Catherine Marin
