– Lauren : Qu’est-ce qui te fait croire que je suis afro-américaine ?– Jon : Juste ta voix.
Ce dialogue remonte au premier épisode de l’émission de téléréalité Love Is Blind, diffusé en février 2020. Cinq ans plus tard, l’émission, qui met en scène des candidat·es hétérosexuel·les cherchant à se marier sans voir leur partenaire au préalable, est devenue mondiale, et la diffusion de la version française [traduite en Pour le meilleur et à l’aveugle, NDLR] a commencé en septembre. Elle remporte un franc succès auprès du public.
Si j’ai certainement (beaucoup) d’opinions sur les participants individuellement, mon intérêt ici porte sur les différentes catégories sociales (identités) des particpant·es et l’ordination hiérarchique de ces catégories à l’écran. Je me propose de regarder Love Is Blind avec les études critiques culturelles.
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Contrairement au discours autour du Viol des foules, du nom de l’ouvrage de Serge Tchakhotine publié en 1939 et censuré par les nazis, et de l’aliénation par les médias de masse, le concept d’encoding/decoding du sociologue Stuart Hall souligne que les messages ne sont pas reçus passivement, mais interprétés activement par des publics qui occupent trois positions : dominante-hégémonique (acceptation du sens voulu), négociée (le public accepte partiellement le message, mais le modifie en fonction de ses propres expériences) ou oppositionnelle (le public rejette le sens voulu et interprète le message d’une manière alternative).
Voyons donc ce que Love Is Blind encode (la création du message) et ce que nous pouvons décoder (l’interprétation de ce message) en appliquant les études culturelles critiques.
Love Is…
Auteur: Fania Noël

