Le chalutage de fond est encore pratiqué dans 77% des sites Natura 2000 français, 85% des sites allemands et 44% des sites italiens. Pourtant, selon la directive européenne Habitats et d’autres textes européens, les aires marines protégées doivent être exemptées de toutes activités nuisibles. Raison pour laquelle Environmental Justice Foundation (EJF), Blue Marine Foundation, ClientEarth, Défense des Milieux Aquatiques (DMA) et Deutsche Umwelthilfe e.V, dénoncent « des violations généralisées du droit européen ».
« Ces législations ne sont pas facultatives. Ne pas les respecter, c’est anéantir la faune et la flore marine, la santé de nos océans et l’avenir des communautés de pêcheurs à travers l’Europe » commente Marie Colombier, chargée de campagne chez EJF, pour La Relève et La Peste.
La France en première ligne
La plainte porte sur 15 sites particulièrement exposés, où de nombreuses preuves démontrent l’absence de restriction du chalutage de fond, détruisant des écosystèmes marins pourtant protégés.
Dans la Manche, la « Baie de Seine Occidentale », qui est pourtant le premier site Natura 2000 français à avoir été intégré à la liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), a connu 9 016 heures de chalutage sur des habitats protégés chaque année entre 2020 et 2024.
« 90 % des habitats et espèces marines protégés en France restent en mauvais état de conservation » selon Philippe Garcia, Président de DMA (Défense des Milieux Aquatiques).
L’Allemagne et l’Italie également visées
En Italie, sur le site Tutela del Tursiops truncatus (Toscane), 11 923 heures de chalutage de fond annuelles ont été enregistrées entre 2020 et 2024. La zone abrite pourtant de nombreuses espèces benthiques, des…
Auteur: Florian Grenon

