« Nous assistons à la consolidation d’un désordre international marqué par des concessions successives à la politique de la puissance. Entre la crise du multilatéralisme et l’affaiblissement de la démocratie, le parallèle est évident. L’autoritarisme se renforce lorsque nous nous taisons face à l’arbitraire.
Partout dans le monde, des forces antidémocratiques tentent de subvertir les institutions et d’étouffer les libertés. Elles cultivent la violence, exaltent l’ignorance, agissent comme des milices physiques et numériques — et restreignent la presse. (…)
Les démocraties solides vont au-delà du rituel électoral. Leur vigueur suppose la réduction des inégalités et la garantie des droits les plus élémentaires : l’alimentation, la sécurité, le travail, le logement, l’éducation et la santé.
La démocratie échoue lorsque les femmes gagnent moins que les hommes ou meurent sous les coups de leurs partenaires et de leurs proches. Elle échoue lorsqu’elle ferme ses portes et accuse les migrants d’être responsables des maux du monde. La pauvreté est autant l’ennemie de la démocratie que l’extrémisme. (…)
La communauté internationale doit revoir ses priorités :
- Réduire les dépenses militaires et augmenter l’aide au développement ;
- Alléger le service de la dette extérieure des pays les plus pauvres, en particulier les pays africains ; et
- Définir des normes minimales d’imposition mondiale, afin que les super-riches paient plus d’impôts que les travailleurs.
La démocratie se mesure également à la capacité de protéger les familles et les enfants. (…)
Internet ne peut pas être une « zone de non-droit ». Il appartient aux pouvoirs publics de protéger les plus vulnérables. Réglementer ne signifie pas restreindre la liberté d’expression. Cela signifie garantir que ce qui est déjà illégal dans le monde réel le soit également dans l’environnement virtuel. (…)
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Auteur: La Relève et La Peste

