Lula et Gaza : génocide, le mot pour le dire

Peut-on balancer à la figure des Israélien·nes que leur armée est en train de faire, dans la bande de Gaza, ce que Hitler a fait avec les juives et les juifs pendant la Seconde guerre mondiale ? Le président brésilien a osé la comparaison, le 18 février, à la tribune du 37ᵉ sommet des pays de l’Union africaine, à Addis-Abeba (Éthiopie). Tempête à Tel Aviv, Lula agoni d’invectives et déclaré persona non grata en Israël, convocation d’ambassadeurs, et le ton qui monte de chaque côté.


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Tempête médiatique au Brésil également. La droite et l’extrême droite tombent à bras raccourci sur Lula, dont le discours est qualifié de « crétin » par un des fils Bolsonaro. Le président est sommé de-ci, de-là de présenter des excuses. À gauche, on se livre à des exégèses équilibristes : Lula n’aurait pas formellement comparé Netanyahou à Hitler, mais il se référait à la pratique de « déshumanisation » des nazis sur leurs victimes, alors que le peuple palestinien subit carnage hors du commun.

Il surnage le sentiment que Lula a exprimé tout haut ce que beaucoup de dirigeant·es pensent tout bas.

Sur les 30 000 morts décomptés dans la bande de Gaza depuis la guerre déclenchée par Israël en riposte au massacre commis par les terroristes du Hamas, le 7 octobre dernier, quelque 60 % sont des personnes civiles, et 18 % des enfants. Des ratios qui dépassent de loin ce qu’on l’on relève en général dans les conflits des dernières décennies. Certes, sur la gauche du président brésilien, réputé pour sa spontanéité, certains proches ont désavoué sa « maladresse ». Et certes, il aurait pu convoquer bien d’autres exemples historiques pour exprimer le fond de sa pensée : il…

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Auteur: Patrick Piro