Au début des années 2020, Lumir Lapray fait le choix de revenir vivre pendant quelques années sur les terres de son enfance, dans le hameau de Proulieu, dans la plaine de l’Ain. Là, la militante écologiste découvre le pouvoir d’attraction qu’exerce désormais le Rassemblement national auprès d’une partie de plus en plus importante de ses proches. Loin de tout jugement de valeur, elle raconte cette réalité et tente d’en comprendre les leviers dans un livre publié à l’automne, « Ces gens-là ». Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer (Payot).
À l’heure où l’extrême droite entend renforcer son assise locale lors des prochaines élections municipales, rencontre avec une « activiste rurale » bien déterminée à ne pas abandonner le vote populaire des campagnes au Rassemblement national. Lumir Lapray, 33 ans, travaille aujourd’hui pour le mouvement Victoires populaires, où elle coordonne le programme Village Academy, qui vise à aider des listes de gauche à se constituer et à faire campagne dans les petites communes rurales.
Basta! : À travers les différents témoignages que vous partagez dans votre livre, vous montrez que le vote RN en milieu rural n’exprime pas nécessairement une vision du monde fascisante, raciste et radicalisée, appelant à devenir hégémonique. « Les gens ne discutent pas ‘‘grand remplacement’’ au petit déjeuner », affirmiez-vous même dans une précédente interview, l’an passé…
© Romain Guédé / Basta!
Lumir Lapray : Attention, je ne dis pas pour autant que cette vision n’existe pas ! Je ne nie pas que certains…
Auteur: Barnabé Binctin

