10 ans. Chaque lundi, souvent le matin. Des milliers d’articles. Des centaines de vidéos. Des discussions au long cours. Une revue papier. Des livres. Des fêtes. Des rencontres. Des centaines de contributeurs. Des reportages. Des voyages. Des enquêtes. La plus haute densité de fichés S de toutes les rédactions de France. Le seul endroit où s’entrecroisent une exégèse d’un stratège chinois du 3e siècle, le récit d’un soulèvement au Sri-Lanka, un poème anonyme qui déchire le cœur, un semestre de séminaire sur les nouvelles formes de la fascisation.
Le pari était audacieux, partir d’un noyau dur et minimal, déterminé et plein de certitudes et le projeter dans le monde. Il s’agissait d’aller à la rencontre, pas de n’importe qui ou n’importe quoi mais de toutes celles et ceux que nous avions déjà rencontré ou que nous voulions rencontrer et qui à leur manière, dans leur champs ou dans leur coin partageait un même souci de toujours mieux comprendre l’époque, pour s’y dégager une marge de manœuvre, des possibilités d’effraction ; Pour exposer et mettre à disposition une surface qui permette de nourrir la multitude des complicités souterraines.
L’objectif était ambitieux, partir de l’idée que les réponses aux questions qui nous occupaient, nous ne les trouverions pas seuls. Qu’il s’agissait de tenir coute que coute à quelques principes sans jamais craindre de se laisser affecter. Qu’il fallait toujours mieux prendre le risque de la confrontation et de la recherche que de se complaire dans l’entre-soi et le confort empoisonné de l’identité, fut-elle « radicale » et pleine d’elle-même. On a jamais prêté attention aux esprits gâtés qui nous jugeaient trop ceci ou pas assez cela, on a tracé, composé, avancé. Avec le recul et même sans, on peut dire qu’on a bien fait. Au fil de ces 10 années, on a produit une gigantesque œuvre collective et ouverte à laquelle des…
Auteur: dev

