Le temps des vacances est là. La réjouissance de cette perspective s’accompagne pourtant d’une crainte certaine pour nombre d’adultes : la vision de l’adolescente ou de l’adolescent de la famille scotché à son téléphone, s’adonnant à une activité désormais connue sous le nom de scrolling.
Ce terme, qui désigne le fait de faire défiler des contenus sur son écran d’ordinateur, de tablette ou de téléphone est souvent accompagné d’un autre : le doomscrolling. Cet ajout vient qualifier un phénomène, amplifié depuis la crise du Covid-19, consistant à scroller sans fin, qui soulève d’importantes questions sanitaires. Un phénomène de lassitude face à un trop-plein d’informations, de surcroit anxiogènes, qui engendre un processus cognitif bien connu : la surcharge cognitive.
Face à ce phénomène, les adolescents cherchent – et trouvent parfois – des parades pour garder la maîtrise de leur navigation sur le web, et plus largement de leur temporalité. Exploration et conseils pour passer tous ensemble des vacances (plus) sereines…
Un phénomène socialement partagé
Avant toute chose, il convient de prendre la mesure du phénomène de doomscrolling, et de reconnaître son impact social. En effet, si la focale est souvent mise sur les adolescents pour évoquer les craintes, non négligeables, que cette pratique fait peser sur la santé mentale et sociale de ces derniers, le doomscrolling n’est absolument pas générationnel. En tant qu’internautes, nous sommes tous confrontés et soumis aux stratégies mises en place par les plates-formes pour nous inciter à rester connectés le plus longtemps possible, et au même endroit.
Cette captation de l’attention nous concerne tous, quel que soit notre âge, notre statut, à partir du moment où nous utilisons des objets connectés. Nombreux sont d’ailleurs les adolescents qui pointent des usages adultes du smartphone peu exemplaires, à l’instar de…
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Auteur: Anne Cordier, Professeure des Universités en Sciences de l’Information et de la Communication, Université de Lorraine

