Macron et son gouvernement veulent réformer le lycée professionnel. Ils entendent approfondir les politiques menées depuis près de quatre décennies, aller encore plus loin dans le sens de la grande régression néolibérale. Il s’agit notamment d’imposer à nouveau l’apprentissage comme mode dominant de formation des travailleurs/ses, en lieu et place du mode scolaire d’enseignement professionnel. Rappelons que celui-ci s’était imposé dans les décennies d’après-guerre, précisément suite à la faillite du modèle libéral consistant à confier au patronat la formation professionnelle des jeunes, notamment des ouvriers/ères et des employé-es.
L’apprentissage a tous les avantages pour le capital : pour les patrons individuels, il livre une main-d’œuvre quasi gratuite (les salaires sont faibles et les cotisations sont prises en charge intégralement ou presque par l’État), corvéable à merci (puisque totalement dépendante du patron) et avec peu de contrôles pour vérifier qu’une formation professionnelle est réellement assurée en entreprise ; pour le capital dans son ensemble, l’apprentissage permet de soumettre la formation professionnelle à ses exigences immédiates, bien davantage qu’un mode de formation scolarisé qui dispose d’un degré d’autonomie plus important. Réformer pour mieux soumettre non seulement les jeunes mais aussi le lycée professionnel.
Dans cet article, Guillaume Cuny analyse la réforme que le gouvernement veut imposer, en mettant en évidence sa logique sous-jacente (centrée sur la prétendue « adéquation formation-emploi »), et il déconstruit les mythologies du « choix » et de l’ « autonomie », qui sont au cœur du mode de légitimation néolibérale des inégalités scolaires et sociales. Car si l’une des manières de justifier cette réforme (et plus largement l’apprentissage), c’est de promettre l’insertion de tous les jeunes ; une autre consiste à prétendre…
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Auteur: redaction

