Lycéens : « Les lance-grenades ne feront pas taire les lanceurs d'alerte »

Le néopaysan Mathieu Yon, installé dans la Drôme en tant que maraîcher biologique en circuit court, est chroniqueur pour Reporterre.


Cet été, dans mon champ, j’étais sidéré par les canicules à répétition. Mais ce chaos climatique était peut-être un tournant. Comme si la terre, en déviant de sa trajectoire climatique, sortait également d’une condition naturelle et muette dans laquelle nous l’avions enfermée. S’agissait-il des prémices du « nouveau régime climatique », décrit par le philosophe Bruno Latour ?

L’été fut silencieux, mais avec l’automne, la saison des feux débutait. Et le mouvement lycéen surgit, comme si la terre avait raconté ses brûlures à la jeunesse, et que les rivières, les montagnes et les orages manifestaient avec elle dans les rues ! Peut-être qu’il existe un pacte entre la jeunesse et la terre, et que nous sommes en train de le lire, sans parvenir encore à en comprendre le sens et la signification.

Mon fils est en classe de seconde, dans un lycée général et technologique. Il m’a raconté les manifs dans les rues de Montélimar : les slogans, les feux de poubelles, et les tirs de grenades assourdissantes, rebondissant sur les jambes de ses camarades. En l’écoutant, je voyais quelque chose s’embraser en lui, comme s’il prenait conscience d’une condition lycéenne dont personne ne lui avait jamais parlé. Comme s’il découvrait une puissance d’être et d’agir qui le rendait profondément vivant. Et soudain, tout le reste m’a semblé terriblement vieux.

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« Cette jeunesse voit l’incendie de l’avenir, et manifeste pour nous alerter »

Depuis lundi 5 octobre, son lycée est fermé. Il m’a dit, avec une certaine ironie : « On demandait de meilleures conditions de travail, et on nous empêche d’aller en cours ! » Alors il fait l’école buissonnière, en…

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Auteur: Mathieu Yon