Lyon : l’industriel Daikin autorisé à remplacer un PFAS toxique… par un autre

Dans la vallée de la chimie, près de Lyon, l’environnement est fortement contaminé par les PFAS (« polluants éternels »). En cause notamment, la présence d’industriels, comme les sociétés Arkema et Daikin, qui en rejettent massivement.

Alors qu’une action collective au civil, portée par près de 200 riverains début février, accompagnés par quatre associations, souhaite faire la lumière sur la responsabilité de ces deux industriels, la société Daikin, spécialisée dans les climatiseurs et pompes à chaleur, entend utiliser un nouveau PFAS dans son procédé industriel pour son site situé à Pierre-Bénite et en a reçu l’autorisation le 24 juillet, par arrêté préfectoral.

L’objectif est de remplacer progressivement l’HFP (hexafluoropropylène), un gaz fluoré appartenant à la famille des PFAS, par un autre PFAS, le gaz réfrigérant R1234YF.

Le TFA est suspecté d’altérer la fertilité

Or, celui-ci se dégrade en TFA (acide trifluoroacétique), le plus petit des PFAS qui envahit déjà notre environnement et notre eau potable. En juin, l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) l’a classé dans la catégorie « Reprotoxique 1B », c’est-à-dire qu’il est probable qu’il soit délétère pour la reproduction et qu’il est suspecté de nuire à l’enfant à naître et à la fertilité.

De quoi susciter l’inquiétude des associations de riverains, telles que les collectifs PFAS contre Terre et Bien Vivre à Pierre-Bénite.

« C’est un parfait exemple de substitution regrettable : on passe d’un PFAS problématique, qui est nocif pour les reins et peut se transformer en d’autres PFAS cancérigènes, à un autre qui produit du TFA », estime Hans Peter Arp, chimiste environnemental à l’université norvégienne de sciences et de technologies et spécialiste mondial du TFA, interrogé par France 3 Rhône-Alpes.

« En 2024 déjà, France 3 Rhône-Alpes et Médiacités révélaient comment…

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Auteur: Charlene Catalifaud